L’Ethique seconde loi
Seconde Loi : LA LOI DE L’ETHIQUE
Si la loi de l’Ambition est déterminante, son corollaire la loi de l’éthique est l’incontournable ciment de l’édifice.
« Ce n’est pas un grand avantage d’avoir l’esprit vif, si on ne l’a juste »
VAUVENARGUES, Moraliste Français
L’affaiblissement de la culture d’entreprise, la prédominance de l’intérêt individuel, la recherche du profit à tout prix, l’éclatement d’ « affaires », dans tous les domaines et toutes les sphères, remettent au goût du jour l’éthique, la morale.
Les entreprises et organisations s’intéressent de nouveau au concept d’éthique…
« Elles s’y intéressent ». Par intérêt marketing, par devoir moral ? La question peut se poser. Constater au 21ème siècle que de l’éthique, de la morale sont nécessaires à un collectif, est tout simplement surréaliste.
En entreprise comme sur un terrain de foot ou de rugby, il ne suffit pas d’aligner des vedettes pour gagner. Sans confiance mutuelle, sans vision commune, pas de performance ! Il n’y a pas d’efficacité collective sans cohésion sociale et pas de cohésion sans morale forte. Et pas de morale, sans son corollaire la sanction des hors jeux.
Oui, l’éthique est un phénomène de mode. Et comme tout phénomène de mode il en va de ses interprétations, de son instrumentalisation, des excès. Mais qu’on ne s’y trompe pas, elle est une réflexion des plus importantes de nos jours. Elle est une réponse au mal-être ambiant, elle permet de redonner sens à l’activité humaine, un idéal.
Là aussi la génération Y par son attachement aux valeurs, son besoin de transparence nous invite à plus de profondeur.
L’éthique instrumentalisée dans l’entreprise
Dans l’entreprise, il existe différentes conceptions de l’éthique. L’approche latine insiste sur les valeurs orientant les actions et les comportements. L’approche anglo-saxonne insiste sur l’intérêt des actionnaires.
Effectivement force est de constater que la maximiser le profit ou réaliser des gains monétaires n’est pas immoral, si ces gains respectent les différents acteurs économiques (clients, collaborateurs, fournisseurs, banquiers, actionnaires…) et un certain ordre moral (règles de conduite). L’éthique d’entreprise est ainsi associée à un code de bonne conduite, à une charte qualité que l’entreprise s’engage publiquement à respecter.
Par ailleurs, selon certains auteurs l’entreprise éprouve le besoin de créer un référentiel culturel afin de guider et dicter les comportements des salariés. Il s’agirait de donner du « sens ». Mais surtout ainsi, il est plus simple de justifier une décision en fonction de normes morales et/ou de valeurs parfois autoproclamées. En conséquence ces normes et valeurs se retrouvent formalisées dans les codes ou chartes éthiques de chaque entreprise. De plus, une formalisation éthique, sincère et/ou opportuniste, permet de clarifier ou de favoriser les relations entre parties prenantes, surtout pour celui qui les dicte.
Somme toute c’est un pas intéressant avec deux limites majeures :
– D’abord, c’est oublier que même si l’organisation est créatrice de sens, « Le sens » est individuel.
– Ensuite, c’est transformer l’éthique en outil de gestion, voire de coercition. C’est oublier que l’éthique n’est pas un moyen, n’est pas une technique.
L’éthique est le corollaire de l’ambition
Une réelle et noble ambition induit naturellement, spontanément, et inconsciemment des droits et des devoirs qui jalonnent le chemin. L’éthique est le fruit de la co-construction. Elle est le fruit d’une constante confrontation entre l’idéal individuel, l’idéal collectif souhaité et l’adaptation nécessaire à la réalité. Si l’ambition est la cathédrale, et les collaborateurs des tailleurs de pierre, alors l’éthique est le ciment de l’ambition. Elle évolue, s’enrichit et enrichit chacun individuellement, collectivement. Seule l’actualisation de « soi » permet l’enrichissement mutuel et réciproque.
C’est dire, son caractère paradoxalement…subjectif et objectif, éminemment fragile et fondamentalement nécessaire.
L’éthique opérationnelle dans nos organisations
Faut-il en conclure qu’il ne peut y avoir d’aspect opérationnel de l’éthique dans l’entreprise ? Tout au contraire !
Jean-François Claude, dans son remarquable livre « L’éthique au service du management » propose une définition simple et opératoire de l’éthique en entreprise : « Action qui consiste, en situation de travail, à construire et améliorer son rapport à soi, aux autres et à l’entreprise, dans une perspective de développement personnel et collectif ». Cette approche permet de mieux appréhender les conditions nécessaires à l’implication de chacun dans un projet d’entreprise. Les trois dimensions ainsi posées de l’éthique consistent à développer :
– l’estime de soi par le rapport éthique à soi
– la confiance par le rapport éthique aux autres
– la production de sens par le rapport éthique à l’entreprise.
L’art de définir et de faire vivre les valeurs au service du développement personnel, du collectif et de l’organisation
Ainsi la formalisation des valeurs est une étape fondamentale du cycle de vie de l’entreprise. De même que l’animation de l’éthique est une mission essentielle des créateurs, dirigeants et Managers. Bien évidemment, mission à laquelle il faut consacrer et investir du temps. Il s’agit de définir en collaboration avec les collaborateurs, le cadre permettant à chacun d’exprimer son intelligence. En d’autres termes, en complément des traditionnels « objectifs » de production, ce cadre permet à chacun de s’approprier une exigence de contribution qualitative et comportementale. En conséquence faire vivre concrètement au quotidien les valeurs, avec intelligence et plaisir, est une clé du succès. C’est pourquoi chacune des étapes de l’accompagnement individuel et collectif sont autant d’occasions, pour le Manager, de partager le plaisir de l’exigence intelligente.
Il appartient donc au Manager-Leader de fonder cette morale et ces valeurs faisant de son entreprise, de son équipe, une unité puissante, conviviale et efficace.

Ainsi L’estime de soi, la confiance et le sens sont les 3 leviers du mieux-être, de l’implication et donc de performance.
« Le but de la vie est le développement personnel. Parvenir à une parfaite réalisation de sa nature, c’est pour cela que nous sommes tous ici »
Oscar Wilde
Comments (3)
Corinne AVALLO
Mai 09, 2018 at 9:13
Veritable paradoxe et en meme temps big challenge à un moment où la position du collaborateur dans l entreprise n a jamais été autant aléatoire et ou la précarité est souvent présente. L éthique est plus que jamais utile et nécessaire. Très intéressant.
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